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Mohamed Rachdi & Co : "Les puits du désir". Église notre Dame, Montataire Oise, avril juin 2006.
17 puits cylindriques en tôle d'acier, et installation dans chaque puits, dimensions variables.
Ci-dessous : 5 images.
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«Les puits du désir» étaient une exposition de « Mohamed Rachdi & Co », dans l’église Notre Dame à Montataire dans l’Oise. Mohamed Rachdi y réunissait dix sept femmes artistes, et les invitait à exposer dans sa propre installation, constituée de dix-sept fûts métalliques. Ces dix-sept fûts étaient une réponse élégante et intelligente à la présence architecturale et visuelle de l’église romane. Isolant d’emblée dix-sept microcosmes où les artistes invitées pouvaient développer librement leurs univers, sans avoir à se confronter avec l’environnement. Nous avons choisi de mettre en avant cinq de ces microcosmes, pour leur avoir trouvé une force particulière, chacun dans leur langage. Entretien par mail avec les cinq artistes à lire ici.
Lire aussi Mohamed Rachdi : Interview : Première partie - Deuxième partie
Les dix-sept artistes ont répondu aux mêmes questions. Verbatim de ces réponses à lire.


C.T. : Pouvez vous décrire en quelques lignes votre "puits du désir" ?

Natalie Lamotte (N.L.) :
Il s’agit d’une forme peinte sur un plexiglas de 250 de haut sur 122 de large qui sort d’un cylindre.
C’est une forme ambiguë ni figurative ni abstraite en rapport avec le corps et son intimité.
Toujours prépondérante dans mon travail, la couleur, vivante, part d’un rouge pour progresser dans la complexité des rouges, carmin, rose, fuchsia, violet.
C.T. : Par quel chemin, quelles idées, quelles prémisses êtes vous passée pour en arriver à ce puits ?
N.L. :
Comme toujours dans mon travail aucune image n’est pré-définie, aucun dessin préparatoire. Juste une concentration longue, autour du support posé au sol, je tourne autour, m’approprie la surface, son étendue, sa profondeur. C’est comme une danse, une préparation physique et mentale avant de transposer/transporter cette forme qui va sortir de mon espace intérieur.

Je veux jouer sur les ambiguïtés que me suggère le titre de l’expo « le puit du désir » c’est l’eau, l’humain, la vie, le rouge, le féminin, la circulation, la transparence, le masculin, la profondeur, la verticalité, les réseaux, la violence, la douceur…. .
L’utilisation du plexiglas comme support s’est donc imposé car il combine par sa transparence à la fois profondeur et frontalité. Cela me parait important par rapport à la thématique du puits du désir où on joue sur une multitude de sens, à la fois plastiques et narratifs.
Il était important également que l’on puisse circuler autour de l’installation pour avoir plusieurs points de vue et sensations, pousser l’idée de circulation de la peinture sur le support à celle de l’humain qui tourne autour et découvre plusieurs façons de voir et de sentir.
C.T. : "transposer [votre] espace interieur". Cela suppose-t-il que votre public se limite d'entrée de jeux aux personnes qui ont des affinités avec cet espace interieur ?N.L. : Cet espace intérieur est universel, il appartient à tout être vivant, du fait qu'il circule en chacun d'entre nous, il peut parler à chacun, il suffit de se laisser emporter.Je le cherche en moi et chez les autres, c'est plus du domaine de l'expérimentation, de l'échange, du partage, aller chercher, peindre, exprimer ce qu'on ne sait pas de nous. J'essaie d'apporter à celui qui regarde un point de vue sur  notre corps, notre peau, nos sens, émotions, reflexions. Je ne cherche pas des affinités avec tous, c'est déjà impossible en tant qu'être vivant alors en peinture! 
1) Natalie Lamotte
Née à Marseille, vit et travaille à Paris,
http://www.natalie-lamotte.com/
3) Maryline Beauplet-Dornic
Née au Mans en 1980, vit et travaille à Paris,
http://www.marylinebeaupletdornic.com/
C.T. : Pouvez vous décrire en quelques lignes votre "puits du désir" ?
Maryline Beauplet-Dornic (M.B-D.) :
Un grand miroir circulaire est posé au fond du puits. De la margelle sont suspendus des fils de nylon auxquels sont fixés de petits miroirs carrés, de 15 cm de côté. Les miroirs sont orientés vers le haut. À leur envers sont collées des photographies en couleurs reproduisant des morceaux de peaux, fragments de corps dont le cadrage ne permet pas toujours de comprendre ce qu’on y voit. Les miroirs sont ainsi suspendus à différentes hauteurs et différents endroits du puits. L’ensemble ne peut être vu que de haut, le spectateur se penchant pour regarder dans le puits. Ce qu’il voit alors lui semble d’abord confus. Des reflets du plafond de l’église aux morceaux de corps à découvrir en passant par son propre reflet, il lui faut un temps avant de rencontrer l’œuvre.
C.T. :
Par quel chemin, quelles idées, quelles prémisses êtes vous passée pour en arriver à ce puits ?
M.B-D. : L’idée de la rencontre m’a tout de suite intéressée dans ce projet Les puits du désir. Car c’était pour moi l’occasion de rencontrer Mohamed Rachdi, ainsi que celle d’aller à la rencontre d’autres artistes invitées, par le biais de nos œuvres. J’ai donc cherché à mêler dans mon travail la rencontre et le désir.
Le « puits » lui-même m’a posé problème. D’habitude, mes productions prennent place au sol ou sur des murs, en tout cas sur des surfaces planes et droites. Le puits, avec sa surface incurvée, m’a obligée à travailler autrement. Je me suis donné comme objectif d’utiliser l’espace contenu par le puits, plutôt que les surfaces de son fond ou de sa paroi.
J’ai d’abord pensé à empiler des fragments de photos d’un corps masculin au fond du puits, les faisant ainsi s’élever (s’ériger ?) vers le haut. D’autres fragments de photographies, d’un corps féminin ceux-là auraient été suspendus depuis le haut du puits, enfilés comme des perles sur leur fil de nylon. J’aurais alors voulu que les colonnes (homme) et les suspensions (femme) se rencontrent dans l’espace du puits, tendent les unes vers les autres, se frôlent, se touchent, presque.
Et puis cette idée ne me convint pas tout à fait. Ce qu’on en aurait vu du haut du puits n’aurait pas été satisfaisant.
Utiliser des miroirs m’aura permis par la suite de proposer au spectateur une rencontre entre son propre corps — par son reflet dans les miroirs — et le mien  — grâce aux photographies — ainsi qu’entre le puits lui-même et son espace d’installation : l’église Notre Dame de Montataire.

C.T. : C’est donc une proposition très réfléchie et très étayée qui répond point par point à la demande. Cette extrême pertinence est-ce l’intelligence de votre propos, ou alors, avez-vous répondu bien sagement ? Avez-vous traversé «dans les clous ?».

M.B-D :
Pas évidente cette question ! Ai-je traversé dans les clous ? Oui sans doute, même si la question ne s’est pas posée pour moi de traverser en-dehors.
Le projet de Mohamed Rachdi avait ceci de particulier qu’il donnait aux artistes des contraintes de travail. Un puits : cet espace particulier, une thématique : le désir.
Or il se trouve que la contrainte — qu’elle me soit imposée par autrui ou que je me l’impose à moi-même ­— est au cœur de ma pratique et de mes réflexions. La contrainte est, presque toujours, un moteur pour mon travail. Elle me donne un cadre au sein duquel tout est possible sans pour autant partir dans tous les sens. Elle me permet de concentrer ma réflexion sur un problème à la fois.J’aime bien l’idée qu’une œuvre soit simple et efficace. C’est l’objectif que je m’étais fixé ici, et si les contraintes données par Mohamed au départ — notamment l’espace du cylindre — ont pu me poser quelques problèmes, je crois qu’au final elle m’ont permis de produire quelque chose d’intéressant, et surtout totalement différent de ma pratique habituelle.
Gaële Braun a également joint des croquis à sa réponse :
croquis informatique,
photo de maquette :

C.T. : Pouvez vous décrire en quelques lignes votre "puits du désir" ?
Gaële Braun (G.B.) :
Le Titre en est "L’objet du désir." Un léger halo de lumière s’échappe du couvercle percé du puits. En s’approchant on distingue la silhouette d’un objet qui a l’air de flotter au dessus du fond.
Une source lumineuse, placée en dessous de cet objet, éclaire un cône qui l’entoure.
Sa matière réfléchit la lumière et la diffuse jusqu’en haut du fût. Cette source reste cachée, seul son effet est visible. Ainsi l’objet (du désir) ne peut être que deviné, car il apparaît en contre jour, gardant ainsi son caractère mystérieux, il ressemble à un trou noir. De même, l’objet qui semble accessible est pourtant impossible à saisir lorsqu’on allonge le bras par l’orifice central, pourtant prévu à cet effet.

C.T. : Par quel chemin, quelles idées, quelles prémisses êtes vous passée pour en arriver à ce puits ?
G.B. :
J'avais  envie de travailler sur le fait même d'avoir du désir pour ce qui est installé dans le puits, quelque chose d'inaccessible, qui doit le rester sous peine de se perdre, la question que je me posais alors était : doit-on tout connaître de cet objet tant convoité ?
Je voulais trouver un moyen visuel simple de parler du désir, des questions qu’il soulève, que l’on retrouve aussi bien en psychologie qu’en philosophie.
J’ai cherché un objet désincarné qui pouvait traduire cette idée, la forme s’est imposée comme étant naturelle et symboliquement porteuse : une sphère, objet qui me semblait le plus universel. Le couvercle s’est enrichit grâce au texte que j’ai écrit à ce moment là à Mohamed.
Lorsque j'écrivais ce texte descriptif, je pensais à ce tableau de Nicolas Poussin : Eliézer et Rébecca (Huile sur toile, 118x197, 1648, Musée du Louvre, Paris). Toutes ces représentations de femme forment à elles seules un seul et même pilier, qu’on peut interpréter de manière architecturale, sociétale et théologique, au propre comme au figuré et spirituellement, le pilier, (ou le fût – puits) avait de multiples analyses possibles et je sentais le lien avec mon installation.

Ce tableau me ramenait directement à l’oasis, à sa lumière et à ses ombres, ce qui est vu, aperçu, caché, comme pour le désir. Le travail de Mohamed, sa culture, le lieu même de l’exposition avec ses colonnes et son clair-obscur changeant, tout pour moi concordait, la boucle était bouclée.
Ainsi, le couvercle est à la fois une évocation de sous vêtement féminin et un élément architectural. C’est ce qui a déterminé les matériaux et la « dentelle moucharabieh ». Il est transformé par des brûlures qui lui donnent un toucher cassant, en opposition à la matière du satin. Ces brûlures rondes, sont amalgamées en cercles, eux-mêmes disposés en spirale. Ce dessin en spirale ramène le regard au centre, sur ce qu’on va trouver à l’intérieur : l’objet du désir, mais surtout sa source que l’on ne peut pas voir, mais juste sentir sa présence par l’effet qu’elle produit. Ce lien entre la source et l’effet est présent dans le reste de mon travail.

C.T. : Je suis surpris, vous utilisez des outils informatiques pour modéliser votre travail. Est-ce une pratique courante ? Cela vous a-t-il aidé à réaliser votre puits, ou simplement à le présenter ?
G.B. : Un peu des deux, j'avais besoin de pouvoir tourner autour et regarder si la lumière jouait bien son rôle sans que j'en aperçoive la source. En fait cela m'a permis d'anticiper les problèmes de fonctionnement et de proportion sans être prise au dépourvu.
Il n'y a que peu de temps que j'utilise ce logiciel, bien que je sois assez lente sur sa manipulation, ça me tranquillise énormément, ça me permet une fois sur place d'avoir plus de disponibilité pour réagir aux événements créatifs qui se présentent à moi, sans être stressée, ça me laisse du temps et de la disponibilité d'esprit pour tirer parti au maximum de l'installation projetée. C'est aussi une forme de dialogue, comme le texte, qui me permet de mettre mes idées au clair, de prendre des décisions.
Le modèle informatique est un élément de travail qui présente un côté fini, comme un objet ou un dessin, ça fait partie du travail même si je ne le montre que rarement.

C.T. : Pourquoi ne pas le montrer ? Vous ne l'utilisez jamais dans les "pièces" que vous exposez ?
G.B. :
Pour l'instant je n'ai pas eu d'occasion propice, d'autre part j'y pense mais pas comme des pièces séparées et complémentaires, je cherche un moyen de les intégrer plus directement au reste du travail.
2) Gaële Braun
Née à Eaubonne en 1967, vit et travaille à Lyon,
http://braun.gaele.free.fr/
4) Laurence Medori
Née
à Villeneuve d’Ascq en 1969, vit et travaille à Lille
Laurence Medori : Bonjour christophe tesson
souhaites repondre avec les doc. envoyés à Mohamed Rachdi suite au montage de mon puits, lui demander de vous les communiquer, merci.
ils sont en format jpg si j'ai bonne mémoire. Ce sont deux montages avec images et note descriptive.
je suis en chine jusqu'au 10 juillet dans d'autres puits de fables. cordialement.
[Voir les éléments de réponse :
image 1 - image 2]

5) Claudie Dadu
http://claudie.dadu.free.fr/
Claudie Dadu (C.D.) :Merci, en effet il semble logique de voir figurer  le point de vue des artistes qui participent aux puits du désir, donc voici mes réponses à vos questions.

C.T. : Pouvez vous décrire en quelques lignes votre "puits du désir":
C.D. : LHOOO : Une vie des O, Une vidéo vue d’en haut. 
Au bord du puit : voir dans un trou et non pas boire comme un trou.
C.T. : Ça n'était pas le sens de ma question. "L'art est public", tente d'être une revue de vulagarisation. Pouvez faire un descriptif simple de votre installation, pour qu'un lecteur, qui n'a pas vu l'expo, et n'est pas spécialiste de l'art contemporain, puisse imaginer, même grossièrement, ce que vous avez fabriqué ?

C.D. : C’est une vidéo installée au fond du cylindre métallique, l’image est contenue dans la forme d’un disque. Seule l’image est  visible au fond, pour que le regardeur ait la sensation d’avoir l’œil  plongé dans le trou d’une lunette. Le puits devient le corps de cette lunette.

C.T. :
Par quel chemin, quelles idées, quelles prémisses êtes vous passée pour en arriver à ce puits?
Imaginer un puit, le reflet à la surface de l’eau : l’image bouge.
Se demander  quelle-est la « profondeur » du puit, et puis c’est le « Le trou »l’obscurité, Obscur objet du désir ,trou noir troublant. Regarder dans le trou , Evoquer le regard indiscret,  interdit, d’un désir caché, comme dans le trou de la serrure, le trou de la  lunette… Plonger dans l’ immensité du  cosmos par la lunette du télescope. Chercher la petite bête dans celle du microscope. Penser cette vidéo à voir comme dans un trou. Une vidéo vue d’en haut. Revenir à la surface, et à la profondeur : Ce qu’il y a de plus profond dans l’homme c’est sa peau, nous dit Paul Valery… Effleurer avec l’objectif  la surface d’une peau parsemée de « graines de beauté » résidus de peau, pris dans le glacis de la peinture. Ecrire avec mes mèches de cheveux sur le torse glabre d’un  chinois la lettre Mao qui signifie aussi poil. Faire un dessin érotique avec quelques cheveux pour traits . Apercevoir un oasis fleuri et son puit, peut-être encore un mirage ? Croire aux  illusions d’Optique, Douter : mais…mais  bon sang, dans quel con est plantée cette fleur ? Regarder mieux, Ajuster sa  lunette, et oui, sans aucun doute, Gustave c’est moi qui l’ai! et non pas Julien (le Courbet de TF1) De l’O, de l’air. De la vapeur…. Ouf, se rafraîchir avec un éventail destiné aux dames ayant leurs vapeurs, parce qu’ elle a chaud au haut, LHOOO, là, Marcel ton Q a perdu  sa petite queue hors du champ.

C.T. : Même remarque, je doute qu'à part les inconditionnels, quiconque ait compris un traitre mot à cette réponse. Pourrait-on reprendre ?

C.D. : J’ai tout de suite pensé à une vidéo, peut-être en imaginant un puits, au fond, le reflet à la surface de  l’eau : une image qui bouge ?
Au début, je me suis posée la question de «la profondeur» et la question du «comment voir dans ce trou»… Le regard indiscret, interdit qui sous entend un désir érotique caché, dans le trou de la serrure, dans le trou de la  lunette…et celui qui évoque un désir de connaissance en plongeant dans l’immensité du cosmos par la lunette du télescope ou en cherchant la petite bête dans celle du microscope.
J’aime jouer avec l’ambiguïté entre les différentes sortes de désirs et les croisements des regards.
La représentation du corps entre sphère privée et espace public est au cœur de ma recherche plastique.
En revenant à la profondeur, je me suis souvenue de la phrase de Paul Valery: «Ce qu’il y a de plus profond dans l’homme c’est sa peau »
J’ai donc pensé, pour commencer cette vidéo, à effleurer avec l’objectif  la surface d’une peau parsemée de « graines de beauté » résidus de peau, pris dans le glacis du Bain turc de Ingres(Ingres 1. 2. beauté !) : passage  entrecoupé d’une séquence où l’on voit la fabrication de ces petites boulettes avec et sur ma peau…
Ensuite, j’ai eu envie de poursuivre avec d’autres séquences dans le même esprit de mélange de corps réels, des peintures du passé, de dessins, d’installations et d’éléments résiduels de mon corps : Cheveux, peau, sang menstruel... Par exemple,(image ci-contre) cette installation sur le torse glabre d’un chinois, de mes mèches de cheveux qui forment la lettre Mao  (Mao  signifie aussi poil). Ou encore un dessin érotique ayant quelques cheveux pour traits.
Ce mélange et cette vision dans le trou de la lunette occasionnent des illusions d’Optique, où on peut même se demander à un certain moment d’une séquence : Mais bon sang, dans quel con est plantée cette fleur ? avant d’apercevoir le tableau de Courbet : l’Origine du monde, c’est une œuvre  de référence citée aussi par Mohamed Rachdi,
Au cœur de l’été, les puits : De l’O, de l’air chaud, de la vapeur….
Ouf, se rafraîchir avec un éventail destiné aux femmes ayant leurs vapeurs, parce qu’ elle a chaud au haut, LHOOO, là, Marcel ton Q a perdu sa petite queue hors Du champ. Enfin c’est la vie des O…! bon, encore un clin d’œil aux OOO…



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