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Expo : Les monstres en ville 2
Est-on jamais mieux servis que par soi-même ? Les membres de « l’art est public » expérimentent à l’occasion le montage d’expositions. À géométrie variable, dedans, dehors, ci-dessous le récit en image des expos montées sous la bannière de l’association.


Gaële Braun : "les monstres en ville, chapitre 2".
La Courneuve, Cour des maraîchers et rue du Chevalier de la Barre, Janvier fevrier 2004.
Installation : fleurs artificielles, bois, branchages, autocolants, affiches. dimensions variées.
Commande de la ville de La Courneuve.
Ci dessous : 6 images (photomontages projet)

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Première semaine :
Juste au début du Cour des maraîchers, devant le tram, des dalles au sol sont cassées depuis longtemps.

Pour chaque dalle retirée, une de temps en temps, une fleur est installée. Des carrés de mousse piqués de petites roses viennent remplacer les dalles cassées des allées latérales.

Ces unités et leur apparente fragilité attirent l’attention.

Le vocabulaire de l’installation est naturel, il reste parsemé et comme des îlots de rêve. Il parle de transformation simple, de ce que toute dégradation pourrait être… Et si c’était possible ? Et vous que voudriez-vous faire ? [voir...]

Des affiches montrent des photos d’habitants couvrants différentes tranches d’âge devant des détritus. Elles seront remplacées par les trois abris poubelles de branchages qui remplaceront les dépôts sauvages rue du chevalier de la Barre.

Deuxième semaine :
Jeu de piste : installation de marquage au sol de deux types

1-Des marquages au sol en forme de pied de couleur verte, avec un point d’exclamation. Ils amènent les habitants aux locaux poubelles.

2-Des marquages au sol en forme de pied de couleur rouge avec un point d’interrogation. Ils mènent à des abris de branchages, ce sont des cabanes poubelles extérieures. Ces cabanes prennent la place des décharges sauvages qui se sont installées le long des allers et venues des habitants.

Trois abris recouverts de feuillages viennent remplacer les dépôts sauvages rue du chevalier de la Barre. Ils n’apportent qu’une solution temporaire au problème des dépôts sauvages. Ils posent aussi la question de l’inutilisation des actuels locaux poubelles au bailleur. Tout en questionnant sur l’esthétisme des dépôts en comparaison aux cabanes recouvertes de feuillages, référence naturelle, ils questionnent sur l’acte de salir notre environnement immédiat. Ce questionnement fait appel à l’affect de la cabane de notre enfance. [voir]

Des chrysanthèmes pour les jardinières en décrépitude, la saison s’y prête, mais la plante porte aussi un message, celui du deuil. Peut-être cet été verrons-nous le blé de « regain » ? G.B.


Gaële Braun : "les monstres en ville, chapitre 2".
Ci dessous : 4 images (réalisation)

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Premier Jour
8 : 30 Mise en place des installations de mousses piquées de fleurs pendant la matinée : dialogue avec les gardiens d’immeubles, des passants, des habitants, des enfants… Notre message, en bref, est le suivant: sensibiliser les habitants de l’îlot à leur environnement immédiat, changer un peu le quotidien. Je les renseigne sur le projet. Les ouvriers de la ville, qui m’aident à la mise en œuvre, dialoguent aussi. Chacun y va de son sentiment, de son explication.
Le problème des dalles cassées que j’ai pointé en les remplaçant par de la mousse, ressort plus fortement que je ne m’y attendais, j’ai soulevé un lièvre ! Pour la plupart le problème doit être résolu en les changeant. De toute façon beaucoup pensent que
"les jeunes ou les gens vont voler les fleurs, que ça ne sert à rien, en tout cas, pas à La Courneuve."
Je prend des photos des premières réalisations pour tenir mon journal de bord.

12 : 30 Déjeuner.

13 : 30 Les tournesols sont arrachés, les mousses piquées de petites roses sont piétinées ou dispersés. Je croise un "dix-douze ans" qui re-plante un tournesol, mais je ne suis pas été assez rapide pour photographier son geste. Trois autres enfants de huit ans me demandent pourquoi je plante des fleurs. Il me signalent qu’ils ont vu celles qui sont déjà dévastées.
Je décide alors de faire un reportage photo sur les « deux heures après »

14 : 00 Je vais au service cadre de vie, appareil et images en poche, avec la ferme intention de ne pas baisser les bras, de ne pas donner raison aux arracheurs en laissant les installations en l’état mais au contraire de reconstruire demain.
Le journal local nous informe que les ouvriers qui s’occupaient d’installer les panneaux de communication et de coller les affiches d’information, ont été encerclés par
"un groupe", que des affiches ont été déchirées à peine posées. Ils n'ont pas pu aller jusqu’au bout de leur travail.
La décision est prise de distribuer des affichettes dans le quartier, de reconstruire le lendemain et de poser ces affiches malgré l’intimidation.

14 : 30 Sur le site, deux ados à qui j’avais dit bonjour quand ils me regardaient travailler une heure et demie avant, s’approchent de moi et me disent: "c’est dommage, hein ?", "c’est les gosses ils ont fait du vélo dessus", le dialogue s’établit, on discute de ce qu’on peut faire pour améliorer le quotidien, notre vie si certains cassent tout…de ce que devient cet environnement demain si personne ne dit rien, ne fait rien ?

[Le projet comporte des questionnements sur les décharges sauvages de la rue du Chevalier de la Barre, le quotidien en banlieue dans un urbain qui présente de nombreuses brèches. Mon travail porte sur des non sens, lieux qui ont perdu de leur sens, et questionne ces brèches dans la société et l'urbain. La deuxième semaine risque de ne pas être de tout repos.]

Septième Jour
9 : 00 La deuxième semaine a été écourtée. Dès le lundi matin les dalles fleuries ont été remplacées par les dalles minérales d’origine. Seule une partie des « pas » a été collée, puisque finalement ces pas devaient relier l’avant du site, Cour des Maraîchers, à l'arrière : rue du Chevalier de la Barre où le reste des installations prévues ne se feront pas. La campagne d’affichage a été maintenue.

Fin (provisoire?) du journal...


Gaële Braun : "les monstres en ville, chapitre 2".
Ci dessous : 7 images (réalisation)

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